Welcome !
En Tour du monde pendant un an, jusqu'a fin Mars 2010 ! L'objectif de ce Blog est de vous décrire ce que nous vivons tout au long de cette expérience. Life is beautiful !
Benoit Schmitt et Yann Pagenault
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Chiang Rai a la pointe septentrionale de la Thailande. Dans le triangle d or, lieux ou se rejoignent le Myanmar (Birmanie), le Laos et la Thailande autour du Mekong. Ce fleuve qui prend source dans les neiges de l Himalaya au Tibet oriental, le Mekong arrose successivement la Chine (la province du Yunnan), borde le Laos à la frontière du Myanmar puis la Thaïlande avant de couler au Laos pour traverser le Cambodge où naissent les premiers bras de son delta, qui se prolonge dans le sud du Vietnam.
Pour l histoire, c est une region encore associe dans l imaginaire a la production d opium (qui est dorenavant majoritaire en Afghanistan, un derive connu est la morphine). Venu par les terres avec les grandes invasions au 9eme siecle en Inde, il s etant progressivement plus a l est, le pavot est encore cultive dans le region. Son commerce et sa consommation dans les annees 50 ont donne le surnom de triangle d or a la region. (voir les guerres de l opium)
Un article “L eau en Inde, un enjeu social et geopolitique”
http://blog.mondediplo.net/2010-02-01-L-eau-en-Inde-un-enjeu-social-et-geopolitique
Laos
Le Laos apres la chine, la chine au climat tempere, la chine montagneuse de Lijiang. Des lacs, des grandes routes, peu de monde et de traffic. Les temperature sont fraiches au petit jour sur le marche. Personne dans les rues apres la tombe de la nuit.
 TV on street
La chine peut etre tres dense, concentre en des points. Des villes abrutissantes, ou la musique est differente dans chaque echoppe. Le baffle est sortie sur le trottoir, il faut vendre. Crachats a tous va, cigarette au bec, traverse pas ici mec… Et puis, d un coup, c est le calme. le vide, plus d homme. Des espaces vouhes a la nature.
Au contraire, au Laos, on retrouve ces villages le long des axes de circulation comme il y en avaient en Indonesie. Je loue un velo, c est parti et je veux pas savoir ou.” Une carte peut etre? – Non merci – Ah bon”. Bourgs eparses, pas de hauteurs dans les batiments, mais y a d’la chaleur. Cuisine a l air libre au milieu des pots d echappements du commerce voisin. On partage la chaine Hi-fi. “T as une rustine, je viens de creve?”. Champs de riz, cahuttes en feuilles de palmiers tresses et surhausses par pilotis. La jungle, ca y est de nouveau les tropiques. La vegetation partout, du vert, du vert… Si tu veux marche dans les montagnes, faut deboise.
Balade en velo, cours d eau. Pose le, l’velo! Il fait beau…
 riviere = baignade
Quelques brasses au mileu des pecheurs et de leurs filets. Ils construisent des mini barages dans les rivieres avec des rondins de bois afin d orienter le flux de poisson en deux sorties. De l eau jusqu a la taille, ils jettent le filet en arc de cercle. On sort les chambres a air de camion, bien gonfle, la bouee. Les enfants crient, s arrosent, sautent du pont, “Attention c est pas profond - T inquiete ils sont pas grands, ils ont 5 ans”.
 baignade animE!
Un plateaux entoure de collines couvertes de vert. Un axe principal et des chemins de terres. Un riviere, plusieurs autre petites. Voila la scene. “Tu veux mange local, vas au marche”. Soupe de nouilles de riz, bouillon de viande(s) et feuille de menthe.La “mama” assise sur un tabouret a ras du sol, preparent les brochettes sur le barbecue tout en longueur. Elle pioche dans des bassines disposes militairement sur la table, le contenu de mon bouillon. Elle me regarde manger avec un sourire. Je pose les baguettes, salue, detache mon velo.
Je suis encore rentre a pieds, deuxieme crevaison de la journee. C est un velo chinois…
Benoit
Salut la compagnie!
Therese est de sortie, on sort les calfouettes et on change les chaussettes. Bim bam boum, on a passe la frontiere au sud du Yunnan entre Mohan (Chine) et Boten (Laos), comme sur des roulettes! Pas de fouille, un visa pour 30jours paye comptant en euros. Meme le cours des monnaies fut fixe par nos soins.
“La chance sourit aux audacieux” dit l adage, encore une fois verifie. Depuis hier 18h30, un taxi, un bus de nuit par monts et par vaux, un bus de jour, un mini bus, une voiture electrique et un bus a arrets inopines. Mais on y est :
“Ou ca ?
- J’sais pas, mais on y est”
N ayant aucune idee des destinations proposes, n ayant aucun guides, encore moins d etrangers, sous la mains, on a pris le premier bus qui partait de la frontiere vers les terres.
” C est quoi la ville deja?
- Un truc comme Luong Namtha”
Nous voila!
On testera les baguettes demain matin pour vous.
Benoit
Ne dites pas ca quand vous trinquer avec des tibetains.
En ce moment, c est cle USB, fichier dos, commande boot et ubuntu. Le mini pc est entraint de nous claque entre les mains. “Defibrilateur et oxygene pour la 3, le patient ne respire plus”. Des virus de part le monde, il a eu, a force de connections, il a mouru. Ecran noir au demarrage, ca fait deux kilos de trop dans le sac a dos. “Tu s occupes de rien, je s occupe de tout”, que j ai dit a Yann. Et me voila entraint d ecrire un article…pfff
On a donc court-circuite le firewall chinois pour continuer a ecrire le blog. Avis aux amateurs derriere leur ecran au boulot dont le service informatique a bloquer l acces a Facebook, Youtube, Myspace, l adresse www.vtunnel.com vous rendra votre liberte durement acquise. La bonne affaire.
La chine apres 20 jours, c est un chantier perpetuel. Mais quel chantier! Des villes aux grattes ceils innombrables et a la pollution omnipresente, une circulation tonitruante, peu de regles, le premier ne sera pas le derniers. Feu rouge? Qui m a vu? On me siffle dessus! Je suis le plus rapide…
Une fourmiliere qui sort de terre, des grues, des echaffaudages qui pointe tres haut, trop haut. Vu d en bas, on n en voit pas le haut, trop de pollution. Vu d en haut, on n ouvre pas la fenetre, on n est pas con. Garder les mouchoirs a proximite, c est pas qu on pleure de voir tant de beton sortir de deserts, mais le nez coule bizarre et c est pas a cause de la mer.
Des betonneuses circulent en continue dans les villes, les fers a souder illuminent la nuit. Les casques jaunes sur la voirie, quoi il est trois heures du matin?
Et puis, entre ces ilots grouillants sorti de nulle part, des deserts, des montagnes, un calme. Le desert de San Pedro au Chili, les montagnes de Bolivie ? Non ici c est la chine. Ca y resemble pourtant
Apres la froide Beijing, ce fut Lanzhou, consideree comme une des villes les plus polluees a la fin des annees 90, ca veut pas dire qu elle ne l est plus, loin de la. Les tours de refroidissement des reacteurs nucleaires au milieu des quartiers d habitations en temoignent. Quartier de la gare, hotel d un soir. Miteux et pas cher, mur en carton, la television a fond, les pas au plafond. A 7h00, le lendemain, l arrive en derapage “ T as vu! Ca c est du creneaux vieux” de notre ami Fangio, nous y laisse a l heure. Meme pas eu peur. Trop content d amener des etrangers, il s est essaye aux cascades de la tele. Seul lorsque les profiles d aciers du camion, arrete en pleine voie de chemin de fers, se sont rapproches dangereusement de la vitre (et donc de ma tete ), j ai agrippe frenetiquement le siege de devant en hurlant “ Nannnn!!!”.
Rayon X, fouille au corps, nan, c est pas l aeroport. Le dame du terminal de bus et ses tickets, nous et notre dictionnaire imprononcable. Scene 1 : “ Deux places pour Xiahe a 7h30, c est pas vraiment nous qui parlons, mais plutot les phrases ecrites dans le “phrasebook” qui le dise – Photocopie de vos passeports – Les voici, madaaame”. Scene 2 : “ J ai dis PHOTOCOPIES, je ne peux rien faire des passeports, aller a 8h en face de la gare, un magasin vous les fera. – Mais le bus part a 7h30 !! – Suivaaaaaaaants ! crie-t-elle a l adresse du prochain client. On a failli rater celui de 8h30, le dernier de la journee, heuresement Yann a demoli la devanture et pris en otage la caissiere.
Xiahe et son monastere aux 2000 moines tibetains, Labrang. Une pause de 3 jours au soleil eclatant et au froid prenant. Les enfants aux mains nues jouant dans la poussiere, alors que nous ne sentons plus le bout de nos doigts blotient au fond des gants et des poches. La goutte au nez, les visages durci. Durci par le froid d une nuit, la peaux asseche par un air a 5% d humidite. Un soleil tardif, frappant la vallee a 9h, soleil du nord, illumine les rues a l activite naissante et brule les joues des marmots. Grosse joues de l enfance craqueles pareil a la terre assoife d un oued asseche. Coucou l enfance sans ecole, l enfance a courir les rues. Les crevasses rougis au dessus des levres qui sourient.
Alors, la nuit, le soleil fini, on s entassent dans la salle chauffe de la ville. Le seul restaurant, ou nomades, moines de premiers rang et lamas viennent potasser. Le restaurateur Tara, pourrait faire l objet d un roman. Beau, amoureux d une belle nomade, oblige de fuir son pays, il s enfuit en Inde. Il y revient 10 ans après. Anglais “fluent”, motivations, restauration, le lieu devient connu, sa belle est revenue. Etrange ironie de les voir se regarder avec l envie qui devaient les saisir deja il y a dix ans. Il est assis en face de moi, il me reserre l eau chaude dans mon verre a the. Elle, sur la table centrale, deux petits sur les genoux, la famille patriarcale au rendez vous. Il me regarde et souris amerement. “ Elle vient tous les soirs durant le pelerinage d une semaine, deux fois par an”. Il s en va, les bras ballant, l appel d un client.
Xining, petite soeur de Lanzhou, ou nous avions l idee d acheter notre billet de train pour lhassa. A la sortie du bus venant de Xiahe, on fait le chemin avec les moines jusqu a la gare. Rayon X, fouille microscopique. On prend l air naïf, on sort le dico, les sous…C est notre tour, “Deux billets pour lhassa, en couchette-dur, le plus tot possible s il vous plait”. Regard interloque, appel de la superieur, negation.
On n ira pas a lhassa, la politique etrangere depuis les JOs, joue sur les etrangers. Tant pis, ou tant mieux, y a tant a faire ailleurs, direction le Si shuan et Chengdu, Duvel en terrase. Premiere biere belge en 10 mois…en Chine. Demain, le bus de 20h nous amene a Lijiang dans le Yunnang, a la frontiere du Tibet orientale, retrouve notre ami italien. Paolo, sur les routes depuis 7 ans, il a entre autre parcouru la chine a velo, l afrique a pied, l amerique en auto…et demain se sera en bateau.
Benoit
“And the coloured girls say, Doo do doo do doo do do doo…”
La famille est rentree. Presque. Il me reste la petite soeur. Peu d articles, voir pas pendant leur venue. On avait trop a partager et a vivre.
“Voyager, on n en revient jamais”. Je lis B.Giraudeau. Vous reconnaitrez donc le style.
Nous voila sous la neige, au pied des pistes, a Nagano. Ambiance chalet suisse pour backpackers, la baie vitree nous offre une vision a 360 degres ou de longs filets blancs tombent sans discontinuite. Doucement mais surement, les routes sont glaces, voiture chaines, trains en retard. On devine les vehicules depuis longtemps gares. Pour le pieton, la demarche est chancelante, on marche sur un fil glissant sans perches et sans cannes, et quand ca derappe, aie la hanche. Demain on va skier. Demain on va skier. Demain on va skier…
Voyage en train depuis Osaka. 6 trains, 7 changements. Si, c etait le plus court. On a le temps. Par la vitre du shinkansen se dessine la silhouette de ces belles dames que sont les montagnes. Je les aime. Ou qu’elles soient. Perou, Bolivie, Chili, Argentine, Nouvelle Zelande, Australie, Indonesie et maintenant Japon, je les aime toutes. Pas de jalouses. Je les recherche, elles m attirent. Belles dames nippones, je vous sens farouches. J aime a penser que vous criez de colere contre la montee du beton. Vos flancs, vous les aimez vierges de toutes constructions alors vous repoussez sur les cotes ce batard. Beton gris terne sous les nuages. Beton a l unisson entre Osaka, Kyoto et Nagoya.
Mesdames, nous sommes a vos pieds, nous arrivons. Vous nous faites la grace de porter ces manteaux blancs qui vous vont a ravire. Manteaux singulies. Blancheur immaculee. Fraichement tombee. Mais je ne suis pas dupe, mesdames, vos jupes ont deja ete foule par d autres et les malheureux avales ne nous conterons jamais, si coeur vous avez. J en reste persuade.
Montagnes enneiges, montagne en ete, j aime m y perdre et gouter a la caresse des digressions sont fin. J espere, toute les fois, que vous ne deviendrez pas ecrasantes, brulantes et piquantes. Un revers, une correction d avoir trop joui de vos charmes. On vous comprend. On ne peut disposer de vous eternellement. Alors on s en va aussi heureux que l on vous a trouvees. Demain, on jouera avec un de vos demons preferes. Il est la raison de notre presence, et devrait nous ordonner la prudence. Quelle ivresse de devaler vos flancs. On fera attention de ne pas trop vous froiser que vous nous laissiez recommencer.
Pour l heure , les flocons voyagent derriere la vitre a une vitesse de 200km/h a l horizontale. Anormale chute. Nous, assis au chaud, lisont. Cafe, the? On somnole, on se perd dans nos reveries. Dans la vallee de Nagano, les rizieres sont couvertes de glace luissante au soleil. Des flaques d eau eparsent. Alors on traverse des marais salants sous le soleil de Vendee. Fenetre ouverte, il fait chaud et on va a la plage. Je pourrais meme sentir l odeur de l iode si vous n etiez pas la, mesdames. Le train s arrete a Kamishiro, station de Hakuba Goryu. Nous sommes arrives.
Je vous souhaite bonne nuit, mesdames, et vous dis a demain.
Benoit

Je m effondrai petit a petit, affale sur un coude. Entoure de cousins. Le tatami, salle commune de l auberge de jeunesse, etait vide. J etais a l aise, personne en vu, the et journal, quoi de plus banal.
Benoit
Le métro s’ébranle. Seul…seul dans ma solitaire solitude, profonde et amer. Le bourgeon de la rose coupé avant l’éclosion. Oh quelle image a la con. Tout ça à cause d’une nuit sans merveille. D’une nuit sans sommeil.
Cette nuit à Kamakura. Le lieu était charmant, petite station balnéaire près de la capitale. Les tokyoites viennent y gouter au repos et déambulent entre le front de mer, les temples millénaires et son bouddha. La mer et les embruns, les surfeurs en combinaison 4mm. Le vent qui balaie le peu de rayons de soleil. Mathieu nous y rejoint. On l attend avec nos bagages sur le dos. Ils ont grossis ces derniers temps. J emmagasine, je stock, mais ma gestion n’éguale pas celle de Toyota. On remonte la rue principale pour se diriger vers le grand temple. Entouré de jardins et lacs, on a l espoir de cacher les sacs dans des fourrés avant de poursuivre nos visites. On repère un coin pour dormir. Un temple secondaire dans une allee cachée est tout indiqué. On passe les barriéres pour s’aventurer dans les arbres. On y abandonne nos maisons recouvertent d’une bache kaki. Pas vu, pas pris.

AC/DC : Can I sit Next to You Girl
Après midi froid, café chaud. La lumière décroit vite, 17 heures, le temple feuilleté d’or s’endort. Les dernières mamans venues bénir leurs nouveaux nee s’en vont. Promenade sur la plage, sable quasi noir. Le ciel rouge éclair encore les surfeurs, téméraires. Le grand Buddha nous attend. Une pièce de bronze qui résiste aux assauts du temps, demi sourire serein, yeux clos. Une sagesse de 12m et 12 tonnes.

Tapis roulant, il y circule assiettes après assiettes. Deux chefs au milieu de cet ovale, geste rapide et précis, ça découpe, ça plis. Les clients assis autour attrappent les plats qui passent. Sushis, sashimi…”Vous auriez de la biere?” La pile augmente à coté de nous. Ils compteront à la fin le nombre pour l addition. “Encore deux saumons, s il vous plait”. Ça défile sous les yeux, juste a tendre la main. “Je veux ca! Et hop tu l’as!” Quoi de plus facile, et s’il n’y a pas, tu demandes et il te le feras.

Repus, c’est l’heure de remettre le bonnet et les gants, la panse tendu. Glaciale la marche jusqu’au temple. L’entrée est ouverte. On s’aventure pour retrouver ce qu’on considére déjà comme notre maison pour ce soir. On temporise, assis sur le bord du temple. Yann mange des glaces, Mathieu boit des bières, je me laisse engourdir par le froid. Saloperie de pluie à Yokohama. Il est encore trop tôt pour songer à planter les nouvelles sardines. Un garde passe avec la lampe torche ” Je vais fermer les portes, c’est le moment pour vous de sortir”. Bon…nos sacs sont toujours dans les fourrés, c’est pas le moment d’aller les chercher.
AC/DC : Shoot to thrill
On se refugie dans un hall de la gare après avoir ramené Mathieu au train. 22h, Ukulele, 23h Ukulele rangé, on part. On part en mission, ça m’amuserai si j’avais pas envie de dormir. Premierement, entrer dans la parc par les portes fermés sans se faire voir. Deuxiemement, se rapprocher du temple sans se faire voir. Troisiemement, récuperer nos sacs sans se faire voir. Quatriemement, planter la tente sans se faire voir…Sans se faire voir semble le mot d ordre. Alors sans se faire voir, on passe les barrières à l’entrée du parc en guettant la route entre deux voitures. A pas de loup et à la frontale, on s’avance dans le chemin, on coupe dans la forêt à la recherche de nos sacs. Au pied d’un arbre, ils sont là. Le temple est à deux pas maintenant. Sous le auvent du toît, une parcelle de terre semble notre hotel pour cette nuit.

AC/ DC : T.N.T
On s approche, prudent, à l’ecoute du moindre bruit. Il y surement des gardes qui font des rondes. Les branches mortes craquent sous nos pieds. Les lampes sur nos fronts restent éteintes. Les mains en avant, on écarte les feuillages, on y est presque. Un flash éclaire soudain la nuit, nous voilà sous les feux de la rampes. Malgrès nous mitraillé en continue, la lumiere éblouissante ne flaichit pas. Les mains devant le visage comme des criminels pris en flagrant déli. Mais qu est ce que c est que ça? Mouvement de recul, tapis à l’orée de la foret, la lampe cesse enfin. Il y a deux spots à reconnaissance de mouvement. On tombe bien. Yann couvre l’un d’eux, le plus gênant de son manteaux et on s’attele au montage en silence.
Mouvements répétés maintes fois, la paroles ne sert pas. Urbanistes en herbe, on juge de l inclinaison de la pente pour déterminer l’orientation de la tente, la largeur est elle suffisante? Le sol est il assez meuble? On commence, passes moi deux sardines. L arceau glisse sur le tissu, c’est bon je l’ai, à toi. La tente prend forme, plus que deux sardines. Je m’en occupe. Et voilà. De nouveaux, on inspire, on expire, le matelas se gonfle, dans la tente, les deux l’un à coté de l’autre ne tiennent pas vraiment en largeur. On ne s’en formalise pas tant qu’il ne pleut pas. Chaussettes remontées sur le pantalon, je me glisse dans le drap de soie, le manteau calé en oreiller. Boule quies bien enfoncés. Cadeau de Yann. Bonne nuit.
 chinatown yokohama
Bonne nuit, je le pensais. Tout du moins jusqu’au petit matin, je savais qu’on risquait de se faire piquer. Je m’imaginais déjà me faire lever de bonne heure par les gardes. Risques acceptés, qu’on ne redoutait pas. Mais là…
La conversation fini par me réveiller ou bien c’est Yann qui me pousse du coude. Je ne sais pas. J’enlève mes bouchons. Je ne comprends pas, ça parle japonais. Une chose est sur, on ne va pas dormir plus longtemps ici. Le gars plaisante, Yann essaie de négocier malgres notre situation inconfortable, mais il est clair qu’il sera intransigeant. Merde, il est 00h30, ça va être coton de dégotter un autre parterre. Bon…debout, c’est parti pour une expédition nocturne, La tente et les sacs de couchage sont mis en vrac dans les sacs à dos. Sac à dos que nous sommes allé rechercher dans le bois, ils ne tiennent pas vraiment dans l’abside. Le garde nous raccompagne poliment en s’excusant jusqu’à l’entrée. Oui, il s’excuse. Et nous, on le remercie. Quand j’y repense ça me parait surréaliste, un brin absurde et le comble de l’ironie.
Les rues désertes, deux gaijin, pas bien frais, déambulent avec un menhir chacun sur le dos. Asterix et Obelix au Japon. Un coup d’oeil à droite, un autre à gauche. Et que cherchent-t-ils? Un carré d’herbe pour s’y poser. On s’éloigne du centre, les rues commencent à monter. On suit les panneaux qui indique le début d’un chemin de randonnée. On l’avait repéré dans l’après-midi. J’ai la tête qui tourne, mal à la gorge. En voilà une autre histoire. La marche sous la pluie la veille à Yokohama ne m’a pas réussi. Blanc bec. Pause, sac à terre, je monte voir s’il y a quelquechose plus loin. Je reviens bredouille. Y’avait bien un temple avec une zone plane garnie d’un gazon, matelas rêvé pour tout les campeurs. Mais la grille de deux mètres à sauter et les évenements de ce soir concernant les temples en eu raison de mon obstination à dormir dans les bras de buddha.

Finalement, un terrain en friche, une future place de parking entre deux murs parait parfait. Si. C’est parfait. Parfait. L’endroit est PAR-FAIT. Même scénario avec un sol bossu. On vire les cailloux de coup de pieds. En gros. Impossible d’enfoncer complètement les sardines. Pas grave, je veux me coucher. On fera avec. Chausettes sous la tête en oreiller, manteau calé sous les pieds…nan c’est pas ça…1h30…couché. Mais jusqu’à quand?
Benoit
Dans “Je suis tombé amoureux”, il y a “je suis tombé”. Avant tout. Ça fait mal. Est ce qu il est inévitable de tomber pour tomber amoureux? La n est pas la question et je n ai pas l once d une réponse. Question crétine. Je suis tombé et je suis tombé amoureux. Voilà. Quasi en même temps. Chargé comme un blindé insubmersible traversant les steppes sibériennes pour ravitailler le front russe, chargé des odeurs des ces mêmes soldats charriant le blindé, je pose le pied dans le métro pour y laisser une marque de boue crasseuse de la taïga japonaise. Je fait l effet d un prisme, les regards qui convergent vers moi divergent aussitôt. Et loin du sourire arc en ciel, je fais face à ceux dont pourrait arborer une rame de métro de général de l armée soviétique qui viendrait signifier son mépris au prisonnier d un goulag que je suis. Je me sens rassuré par l effet produit.

Et la paf, coup du sort, je tombe. Je m écroule. Je m étale de tout mon long. Bruit de casseroles, jambes en l air, boue projetée au plafond. Le tableau est complet. Le Cri. Le crapaud baveux vase dans sa boue. Ventripotent, je me démêle et fustige. Le temps des contes, c est pour ceux de la surface et ici a six pieds sous terre, je suis plus près de la tombe que de Perrault. Le baiser aimant de la princesse au dessus des apparences, mon cul. Mon cul… mon cul est toujours a terre, il s agirait de le bouger, Nomdedjiou !

“J’crois que les histoires d’amour C’est comme les voyages en train” dit l autre. Alors J crois qu on a besoin de plus de rames. Pas une place de libre a l horizon. Toujours assis sur le parterre dans le carre central de la rame, le sac a dos sur le dos. Une tortue, les jambes en V. Les mains de chaque cotes pour ne pas tomber. C est là que je suis tombé amoureux. La coupe a la Mireille Mathieu y est pour rien. Forte d élégance, elle vibre par l Esprit. C est la marque de son manteau qui me le dit. Elle est belle. Cheveux noir, la houille a cote aurait honte. La peau blanche, elle est grande, assurément vu d en bas. Son nez rendrait jaloux Panoramix et Obelix pourrait s y tenir sans qu il fléchisse. Ma Cléopâtre. Je serais ton Jules.

Une folle passion débute sur le champ, regards intenses, elle pour son téléphone ; moi pour elle. Qu importe, si elle est peut avoir tant de dévotion pour un objet, je me ferais objet. Mes yeux deviendront écran, elle pourra lire en dedans. Je dessinerai au feutre les touches numériques sur ma peaux. Elle pianotera a sa guise. 080 854…. Chaleur de ces mains exquises. La touche “enter” sur le cœur. Surtout n hésite pas a me rappeler. Touche diez. Compose et recompose à souhait, je m y plierais. Les mélodies suivront, nous les inventerons. Réserve la touche étoile pour les occasions spéciales.

Ferme ton clapet me disais-je, le menton tombant sur mes genoux d émotion. Je retrouve mes esprits et mes jambes. Je me tient enfin face a elle. Cœur palpitant, début balbutiant. J attend. J attend qu elle daigne me regarder, j attend qu elle lève le regard de son objet, son objet qui n est pas moi. Pas encore. Ces doigts tapinent, tapotent sur son clavier avec frénésie. Oh quelle jolie frénésie, oh quelle folie.,
Son front se plisse, oh je t en prie, je serais ton Ulysse, je ne te ferais pas languir et je ne mourrai pas de la main de mon fils. La voie des sirènes ne sera pas une torture et calypso s effacera dans le souvenir des assauts répétés de tes doigts. Moi, ton clavier. Moi, ton aimé.
Les portes du métro s ouvrent. Elle s en va. D un bon pas. Téléphone fermé.
Benoit
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